une nouvelle religion
À la fin des années 1970, alors que les États-Unis étaient confrontés à une crise énergétique et à la stagflation, le président Jimmy Carter avertissait que le danger le plus grave ne résidait pas dans les déséquilibres économiques eux-mêmes, mais dans une « crise de confiance » minant à la fois les institutions publiques et l’entreprise privée. Des décennies plus tard, Abe Shinzō, Premier ministre japonais ayant exercé le plus longtemps depuis 1945, estimait que la stagnation économique du pays était entretenue par un « état d’esprit déflationniste » et cherchait à en libérer ménages et entreprises. Xi Jinping, dirigeant suprême de la Chine, a quant à lui érigé la promotion de « l’énergie positive » en priorité nationale. Ces diagnostics, formulés dans des contextes très différents, reposent sur l’intuition que les économies ne fonctionnent pas seulement sur des équations et des incitations, mais aussi sur des croyances collectives, des anticipations et un climat psychologique.
Par Philippe Crevel - Illustrations : Magritte