La France est entrée dans une zone budgétaire dangereuse. Pendant des années, la baisse des taux d’intérêt a permis aux gouvernements de différer les ajustements. Certains préconisaient même de recourir à l’emprunt, oubliant que, même à taux zéro, il faut les rembourser. Avec la fin de la politique monétaire accommodante, les taux sont remontés et cela d’autant plus que la France est désormais confrontée à une réelle instabilité politique. La progression de la charge d’intérêts, conjuguée au vieillissement de la population, au réarmement et à l’augmentation des dépenses de santé, place les pouvoirs publics face à une équation délicate avec des arbitrages complexes à réaliser.
La Cour des comptes qualifie la situation d’« alarmante ». De leur côté, les économistes Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla estiment à 125 milliards d’euros l’effort minimal à accomplir d’ici à 2032 pour seulement stabiliser la dette publique.
Par Philippe Crevel - photos Andy Warhol